Je travaille actuellement dans un collège du sud de la Bourgogne.
Mes centres d’intérêt sont : politique, football, éducation, littérature, internet
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Football
J’ai découvert le « fotbal »* derrière les mains-courantes du stade des Chavannes où évolue le CS Orion - quartier de la Saule, Montceau les Mines, France. Le dimanche après-midi, après la sieste paternelle, nous parcourions à pied, les quelque trois kilomètres qui nous séparaient du stade. Ma mère nous rejoignani chez mon grand-père, après le match et le retour se faisait en voiture.
Plus tard, les ANDREJEWSKI, DANIELEWICZ, CZAPLICKI, SZYGULA, PALLOT, LAGRUE, MALATIER, CURTIL, sont devenus les modèles à imiter, mais le garçon toussif et asthmateux que j’étais les regardait souvent depuis la touche, où j’ai ciré le banc plus souvent qu’à mon tour. Je me souviens avoir refilé à mon copain JANIN, excellent sur le champ mais aussi dans la cage, le maillot de l’Ajax d’Amsterdam que j’avais acheté, tant il me semblait plus digne que moi d’en arborer les couleurs. Ca chambrait volontiers… Insuffisamment tonique, trop timoré, pas assez adroit, bien que tenace et besogneux, je n’ai jamais brillé.
Je possède dans mon bureau une photographie de Johan KRUIJFF, récupérée dans un numéro de SO FOOT. Le magicien batave incarne pour moi l’idée que l’enjeu ne prime pas nécessairement sur le jeu. Si la belle équipe des Pays Bas de 1974 et 1978, n’a pas gagné, elle a en revanche séduit les amateurs de beau jeu.
Comme la plupart des habitants du bassin minier, je suis avec attention et un peu de tristesse, cette année, les performances du FC GUEUGNON et celles du FC MONTCEAU.
Aujourd’hui, au 26, nous vibrons devant les exploits des Karim BENZEMA, Hatem BEN ARFA et autres Samir NASRI. De jeunes pousses qui s’amusent et nous ravissent.
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* Mon père n’a jamais dit football [futbol] mais fotbal avec un O ouvert à tous les vents, à la franc-comtoise !
2. Politique
Bien que membre d’un parti, dit de gouvernement, le Parti Socialiste, je pense que la seule conduite de gestionnaire rigoureux - contingentée par ce qui est perçu du réel - ne peut suffire à la satisfaction de mes attentes vis à vis du parti, de ses cadres, de ses militants, de son discours et de ses actes.
A rebours de ce qu’on entend assez fréquemment, je souhaite qu’on rêve et qu’on utopise davantage. « Rien de plus pratique qu’une bonne théorie ». Il faut qu’on prospecte de nouvelles voies pour apporter des réponses de gauche aux questions posées par la mondialisation : celle de l’économie et celle des risques (industriels, sanitaires, bellicistes) et qu’on puisse opposer à l’idéologie libérale toute puissante une nouvelle grille de lecture et une nouvelle idéologie.
Je tâche cependant de ne pas rester dans la posture incantatoire et j’accepte la confrontation au réel. Conseiller municipal depuis 13 ans, j’escompte bien que l’équipe dont je fais partie pourra bientôt mettre en oeuvre sur le terrain une politique plus conforme aux valeurs que nous portons. Par ailleurs, la vie professionnelle, quel que soit le lieu où l’on exerce, est aussi l’occasion de montrer que les valeurs ne se portent pas seulement comme des oriflammes ou des cordons mais qu’elles s’expriment dans nos actes quotidiens les plus simples et les plus triviaux.
Je suis agacé des procès qui sont actuellement instruits contre les partis politiques. Dans nos démocraties de représentation, c’est la perte d’estime des Partis et des Syndicats qui mettent la démocratie en danger, pas le contraire. Cet affaiblissement s’accompagne de la montée en puissance des lobbies et des coordinations. Ces dispositifs souples d’intervention – qui ne sont pas nécessairement instrumentalisés [je n'accorde que peu d'intérêt aux théories du complot] - justifient en général leur création par l’inefficacité des structures existantes (qu’elles contribuent à fragiliser davantage). Leur objectif atteint, ils disparaissent. Le danger majeur de cette forme d’action, c’est qu’elle ne s’inscrit pas dans un cadre de réflexion très large. L’intérêt général n’est pas nécessairement recherché. Combien de dommages collatéraux à certaines fausses bonnes idées, auraient pu être, ainsi, évités ?!!
Pour autant, je ne peux davantage accepter que nos partis, dans une démarche démagogique et populiste, se soumettent à l’air du temps ; qu’ils renoncent, de fait, à participer à l’élaboration d’une opinion publique plus éclairée ; qu’ils se plient à ses exigences. Les partis ont naturellement vocation à faire bouger les lignes et pas, comme l’écrivait l’ avocat Gilles DEVERS, dans un commentaire peu amène pour le PS, sur son blog, à rester immobile, en attendant simplement le retour cyclique de balancier.
3. Internet
Une addiction vieille de 10 ans ! Depuis mon premier forfait « quinze heures » et sa connexion modem à 56K au doux bruit, le temps a coulé Wan… est devenu Ora… Mon forfait est désormais illimité et mon addiction aussi ;-)
Si je devais ne conserver qu’un souvenir de mes débuts sur le net, ce serait le suivant :
En arrivant au collège de Cluny en 1994, j’ai retrouvé mon professeur de mathématiques de l’Ecole Normale d’Instituteurs : Jean-Claude ROSA. J’ai pour ce toulonnais une affection toute particulière. Si ses pas le conduisent virtuellement chez moi, j’espère qu’il ne prendra pas ombrage de ce que je parle de lui. JC ROSA avait été à la pointe du travail conduit dans les années 1984/1990, autour de la programmation informatique destinée à alimenter les nanoréseaux et autres MO5 et TO7 du plan « Informatique pour tous » IPT pour les intimes. Le truc de Jean-Claude, c’est les jeux mathématiques. Il avait développé tout un tas d’activités destinées à faire travailler quelques compétences simples de calcul. N’ayant pas pris le train qui avait conduit à l’arrivée de Windows, pour cause de retour en collège, Jean-Claude avait pris ses distances avec l’informatique, qu’elle soit pédagogique ou autre. Un jour, avec Alexis PELTE, que je salue vivement, nous avons eu l’idée de faire une recherche sur un de ces problèmes très poétique qui titille les mathématiciens, tout en laissant de marbre les littéraires et les autres. Il s’agissait de la suite des nombres premiers et de certaines formes. Je suis un littéraire, ne m’en demandez pas trop. En revanche, il me semblait tenir quelque chose qui était de nature à accrocher Jean-Claude au wagon du Web 1.0Cluny, Mexico et les nombres premiers
Notre recherche nous a conduit sur la trace d’un mathématicien mexicain qui avait – n’est-ce pas incroyable ? - la même névrose obsessionnelleque Jean-Claude. Cet homme avait eu la bonne idée de laisser son adresse mél. Nous nous sommes hâtés de prendre contact avec lui et avons tout aussi rapidement obtenu une réponse. Le poisson était ferré. Les premiers échanges nécessitèrent notre médiation mais Jean-Claude demanda rapidement à pouvoir disposer d’une adresse à lui…Des PC transformés en TO7
En 2000, la fête de la science avait pour thème « les mathématiques ». Alexis et moi avons découvert qu’il existait sur internet, en télé-chargement des émulateurs de TO7, soit la possibilité de transformer un PC de 2000 en console à touches gomme de 1984, une vraie machine à remonter le temps. Il nous a suffi alors de récupérer les fichiers que Jean-Claude avait conservés sur disquettes des programmes qu’il avait réalisés. Il put alors jubiler, en voyant des gosses habitués à jouer avec Lara Cr… se délecter à faire croquer des nombres pairs à un serpent numérophage. J’ai été assez fier de cette petite victoire sur l’éphéméritude. Nous avons cette année-là organisé un grand jeu dans Cluny, un rallye des maths. Les jeux de JC, sur nos PC y ont de nouveau connu un succès du tonnerre…
Comme hier, ce que j’apprécie dans le Ouèbe, ce sont les territoires qu’il ouvre où chacun peut planter les trésors qui peuplent son imaginaire. La messagerie nous conduit à écrire bien plus qu’hier mais pas nécessairement bien mieux. En revanche, l’expression publique autorisée par le web 2.0 est de nature à favoriser une évolution qualitative de nos écrits. Que dire des possibilités de travail sur le son et sur l’image ? Je ne sacralise pas l’outil mais je pense qu’il peut libérer des initiatives que l’école ne parvient pas toujours à susciter.
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4. Education
J’ai mis les pieds, pour la première fois, à l’Ecole, en avril 1965. J’avais deux ans et un mois. Je ne l’ai jamais quittée ; pas même à l’occasion de mon service national que j’ai effectué dans une école…militaire.
C’est Louis, mon grand-père maternel, qui m’a conduit à Mâcon pour passer l’oral du concours de recrutement des élèves instituteurs. Il dût supporter mon angoisse à l’aller et mes regrets et mes doutes au retour… C’était en septembre 1981. Une bien belle année, ma foi. Année qui me vit renoncer aux vendanges à Chassagne-Montrachet pour entrer dans la fonction publique.
Mon grand-père qui contait bien plus volontiers ses exploits dans les concours de grimaces qu’aux épreuves du certif, avait coutume de dire que le plus dur pour faire un enseignant, c’était de trouver la blouse. Pas toujours facile de vivre avec le sentiment qu’on trahit sa classe. Combien de fils et de filles du peuple renoncent à leurs ambitions pour maintenir la proximité avec les leurs ?
Je voulais être prof d’allemand mais ma mère – à laquelle j’ai toujours scrupuleusement obéi
– m’a dit que je ferais bien de passer le concours de l’EN, qu’une fois que je serais dans la grande maison, je pourrais toujours changer. Je ne suis pas sûr d’avoir été pleinement convaincu, à l’époque, mais je ne regrette pas, aujourd’hui, d’avoir suivi ses conseils et je la remercie.
Je n’ai guère de goût pour le terme de « carrière » - ce n’est que très récemment que j’ai compris que la carrière dont il est question dans notre hymne national n’a rien à voir avec l’exploitation minérale. Pour moi, il s’agit plutôt d’une aventure, avec des caps à suivre, des tempêtes, des rencontres, des jubilations et des peines mais surtout des occasions uniques de partage. Sauf à renoncer à éduquer au profit du dressage ou du formatage, l’école ne sera jamais un service qu’on peut marchandiser.
De mon métier d’élève, je conserve un souvenir précis des différents protagonistes qui ont accompagné mon cursus. De Mme BERANGER, l’institutrice de petite section, assistée de Mlles BARAILLAT et DRAVERS - celles qu’on appelle aujourd’hui assistantes d’école maternelle – à Philippe MEIRIEU et Michel DEVELAY, j’ai pu mesurer ce qu’il faut ajouter d’humanité et de passion pour que se mettent en route les mécanismes complexes de l’appropriation des savoirs.
Je remercie également celles et ceux à qui j’ai longtemps gardé rancune d’injustices commises ; en me rappelant cette autre asymétrie constitutive de la relation enseignant/élève qui veut que l’enseignant rencontre beaucoup plus d’élèves que l’élève d’enseignants… En discutant avec mes anciens élèves, je découvre parfois que je suis loin d’avoir été irréprochable.
L’Ecole n’est pas toujours un lieu d’exercice solitaire de l’autorité. J’ai appris le travail en équipe en classe unique. Dans le regroupement pédagogique intercommunal « Jean Tardieu », aux côtés de Gilles DURY et Josette PRUNGNAUD, j’ai pu goûter à la joie de monter des projets, dans les domaines scientifiques, artistiques, sportifs. Envers ces deux personnes, aujourd’hui en retraite, ma dette est immense. Ces cinq années passées à l’école de CHAPAIZE ont constitué la charpente de mes convictions mais aussi de mes compétences éducatives.
L’aventure éducative continue…
5. Littérature
Je vais tâcher de retrouver une photo que j’ai prise de mon père, au début des année 80. Je me souviens qu’il était installé près de la fenêtre de la cuisine, à contre-jour. La photo n’était pas très réussie mais elle faisait se détacher sa silhouette de lecteur. Bien qu’il ait quitté l’école à 12 ans, mon père était un gros lecteur. Très éclectique, il pouvait passer de la production des pisse-copies du Fleuve noir (Paul Kenny) à Tolstoï.
Quand j’ai atteint l’âge de 10 ans, soit à peu de choses près celui de Louis à l’heure où je frappe sur les touches de mon TO…, il tenta ce qui, dans la famille constitue pour ainsi dire un rite de passage. Il me proposa la lecture du premier tome des aventures du Chevalier de Pardaillan, immortalisé sous les traits de Patrick BOUCHITEY, bien des années plus tard dans une série télévisée…
Je préférais les aventures des 6 compagnons ou de Langelot. C’était trop tôt. Je renouvelais l’expérience, dans l’année de mes 14 ans et j’ingurgitais, là, à doses massives les coups de rapières et les bouteilles de vin d’Anjou tout en imaginant les formes voluptueuses de la perfide Fausta. Romans de gare, feuilletons de la presse quotidienne, ces romans ont durablement installé chez moi le goût des histoires palpitantes. Michel ZEVACO, le créateur du personnage de PARDAILLAN était anarchiste. On trouve chez son héros, ce goût de la liberté de servir qui bon lui semble, sans jamais céder à autre chose qu’aux exigences de sa conscience…
Bien sûr, les bons élèves de ma classe lisaient des oeuvres beaucoup plus sérieuses mais j’ai conçu une certaine fierté en lisant « Les mots » de Jean-Paul SARTRE, quand j’ai su qu’il avait, lui aussi été victime d’une addiction à ZEVACO… La transition est judicieuse puisque « Les chemins de la liberté » figurent au nombre des lectures qui m’ont impressionné. « Le portrait de Dorian Gray » d’Oscar WILDE, et »Les animaux dénaturés » de VERCORS ont bousculé la fin de mon adolescence. Ensuite, j’ai moins lu. Il a fallu attendre mon année de service national pour que je renoue avec la lecture, de façon totalement frénétique. Mon goût pour la politique, jusqu’alors diffus, s’est enraciné cette année-là. L’année de mes 22 ans, j’ai su qu’une partie de ma vie serait consacrée à la politique. SARTRE et ses doutes m’ont servi de guide. J’ai »compagnonné » aussi beaucoup, avant de m’engager…
J’ai renoué avec mon goût pour les feuilletons et je ne rate jamais la sortie d’un tome des aventures de Blemia BOROWITZ, le héros de Dan FRANCK et Jean VAUTRIN. Je ne rate jamais non plus les traductions des romans de David LODGE et de John IRVING (qui fête, je le sais depuis peu, son anniversaire le même jour que moi !!!).
Je n’ai pas résisté non plus à la tempête générée par le jeune magicien balafré… Tiens comme Geoffrey de Peyrac !!!


Ils/elles ont dit…